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Parler de ma vie, vous faire rire
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Mardi 29 Mai 2007

Deux hommes, tous les deux gravement malades, occupaient la même chambre
d'hôpital. L'un d'eux devait s'asseoir dans son lit pendant une heure chaque
après-midi afin d'évacuer les sécrétions de ses poumons, son lit était à
côté de la seule fenêtre de la chambre. L'autre devait passer ses journées,
couché sur le dos.
Les deux compagnons d'infortune se parlaient pendant des heures.
Ils parlaient de leurs épouses et familles, décrivaient leur maison, leur
travail, leur participation dans le service militaire et les endroits où ils
avaient été en vacances.
Et chaque après-midi, quand l'homme dans le lit près de la fenêtre pouvait
s'asseoir, il passait le temps à décrire à son compagnon de chambre tout ce
qu'il voyait dehors.
L'homme dans l'autre lit commença à vivre pour ces périodes d'une heure où
son monde était élargi et égayé par toutes les activités et les couleurs du
monde extérieur.


De la chambre, la vue donnait sur un parc avec un beau lac, les canards et
les cygnes jouaient sur l'eau tandis que les enfants faisaient voguer leurs
bateaux modèles réduits.
Les amoureux marchaient bras dessus, bras dessous, parmi des fleurs aux
couleurs de l'arc-en-ciel, de grands arbres décoraient le paysage et on
pouvait percevoir au loin la ville se dessiner.
Pendant que l'homme près de la fenêtre décrivait tous ces détails, l'homme
de l'autre côté de la chambre fermait les yeux et imaginait la scène
pittoresque.
Lors d'un bel après-midi, l'homme près de la fenêtre décrivit une parade qui
passait par-là. Bien que l'autre homme n'ait pu entendre l'orchestre, il
pouvait le voir avec les yeux de son imagination, tellement son compagnon le
dépeignait de façon vivante.
Les jours et les semaines passèrent. Un matin, à l'heure du bain,
l'infirmière trouva le corps sans vie de l'homme près de la fenêtre, mort
paisiblement dans son sommeil. Attristée, elle appela les préposés pour
qu'ils viennent prendre le corps.

 


Dès qu'il sentit que le temps était approprié, l'autre homme demanda s'il
pouvait être déplacé à coté de la fenêtre. L'infirmière, heureuse de lui
accorder cette petite faveur, s'assura de son confort, puis elle le laissa
seul.

 


Lentement, péniblement, le malade se souleva un peu, en
s'appuyant sur un coude pour jeter son premier coup d'oeil dehors.
Enfin, il aurait la joie de voir par lui-même ce que son ami lui avait
décrit. Il s'étira pour se tourner lentement vers la fenêtre près du lit.
Or, tout ce qu'il vit, fut un mur !
L'homme demanda à l'infirmière pourquoi son compagnon de chambre décédé lui
avait dépeint une toute autre réalité.
L'infirmière répondit que l'homme était aveugle et ne pouvait même pas voir
le mur. Peut-être a-t-il seulement voulu vous encourager, commenta-t-elle.
Epilogue :
Il y a un bonheur extraordinaire à rendre d'autres heureux, en dépit de nos
propres épreuves. La peine partagée réduit de moitié la douleur, mais le
bonheur, une fois partagé, s'en trouve doublé. Si vous voulez vous sentir
riche, vous n'avez qu'à compter, parmi toutes les choses que vous possédez,
celles que l'argent ne peut acheter.
Aujourd'hui est un cadeau, c'est pourquoi on l'appelle présent.

 

 

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